Rapport 2024 de la DGEFP : les priorités qui redessinent l'emploi et la formation
Actualité réglementaire Dimitri Jorand
Le rapport d'activité 2024 de la DGEFP, publié le 14 août 2025, revient sur la réforme du plein emploi, la progression de l'apprentissage et le renforcement du contrôle de la formation. Décryptage pour les employeurs du sanitaire et médico-social et pour les organismes de formation.
Le rapport d'activité 2024 de la DGEFP, publié le 14 août 2025 sur travail-emploi.gouv.fr, dresse le bilan d'une année marquée par la réorganisation du service public de l'emploi et par un investissement continu dans la formation professionnelle. Pour un employeur du secteur sanitaire, social et médico-social comme pour un organisme de formation, ce document donne des repères concrets sur les priorités de l'État pour 2025 et sur les points de vigilance à anticiper.
La Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle est le service du ministère du Travail chargé de concevoir, financer et piloter les politiques d'emploi et de formation professionnelle. Le rapport 2024 revient sur ses actions dans quatre domaines : la coopération entre acteurs de l'emploi et de l'insertion, l'accompagnement des publics fragiles, le soutien aux entreprises face aux transitions économiques et numériques, et le pilotage de la formation professionnelle.
Cet article reprend les éléments présentés par la DGEFP dans son rapport et sur la page de présentation du ministère, puis propose une lecture opérationnelle pour les établissements sanitaires et médico-sociaux et pour les organismes de formation qui interviennent auprès d'eux.
Les missions et priorités de la DGEFP en 2024
Le rapport présente la DGEFP comme le service qui coordonne, au niveau national, les politiques publiques de l'emploi et de la formation professionnelle, en lien avec les services déconcentrés, les Régions, les partenaires sociaux et les opérateurs du service public de l'emploi. L'année 2024 a été marquée par la mise en œuvre de la loi pour le plein emploi, avec la transformation de Pôle emploi en France Travail et la création du Réseau pour l'emploi, qui réunit l'ensemble des acteurs de l'insertion et de la formation autour d'une gouvernance partagée entre l'État et les collectivités territoriales.
Le rapport souligne également l'accompagnement des jeunes et des publics les plus éloignés de l'emploi, notamment via l'expérimentation de l'accompagnement renforcé des bénéficiaires du RSA dans des territoires pilotes, avant l'entrée en vigueur de la réforme en janvier 2025. La plateforme 1jeune1solution a été enrichie de nouveaux services, et des outils comme les périodes de mise en situation en milieu professionnel ont continué d'être mobilisés pour rapprocher les jeunes des employeurs.
Qualité de la formation, apprentissage et régulation
Sur le volet formation, le rapport rappelle que 2024 a marqué les dix ans du Compte personnel de formation, dispositif qui a permis à plus de six millions de personnes d'accéder à une formation depuis sa création. La DGEFP indique avoir poursuivi le renforcement de la régulation du CPF pour lutter contre les dérives constatées ces dernières années, dans un objectif de sécurisation des financements et de qualité des parcours proposés aux actifs.
Sur l'apprentissage, le rapport fait état de 878 900 nouveaux contrats signés en 2024, soit une progression de 3,2 % par rapport à l'année précédente. L'État a par ailleurs engagé un nouveau cycle de financement des formations pour la période 2024-2027, en collaboration avec les Régions, pour soutenir les publics éloignés de l'emploi et les métiers en tension ou en transition, parmi lesquels figurent explicitement les métiers du secteur sanitaire.
| Axe du rapport DGEFP 2024 | Ce que cela signifie concrètement |
|---|---|
| Réseau pour l'emploi et France Travail | Une gouvernance État-collectivités unifiée pour orienter les demandeurs d'emploi et les publics en insertion |
| Dix ans du CPF | Plus de six millions de bénéficiaires depuis la création du dispositif, avec un contrôle renforcé des organismes |
| 878 900 contrats d'apprentissage signés | Une hausse de 3,2 % en 2024, un vivier de recrutement à mobiliser pour les métiers en tension |
| Nouveau cycle de financement des formations 2024-2027 | Un cadre pluriannuel avec les Régions pour les publics éloignés et les métiers en tension, dont la santé |
Insertion des publics éloignés de l'emploi
Le rapport met en avant la mobilisation de plus de 7 milliards d'euros pour financer les politiques d'accompagnement vers l'emploi en 2024, avec une attention particulière portée aux jeunes, aux allocataires du RSA et aux personnes en situation de handicap. Le Fonds social européen plus a continué de soutenir des projets d'inclusion professionnelle sur les territoires.
Pour les établissements sanitaires, sociaux et médico-social, cette orientation se traduit par la multiplication des dispositifs de repérage et de remobilisation susceptibles d'alimenter le recrutement sur des métiers en tension, à condition d'articuler les parcours d'insertion avec des actions de formation qualifiantes adaptées aux exigences du secteur.
Ce que cela change pour un organisme de formation
Pour un organisme de formation intervenant sur le secteur sanitaire et médico-social, le rapport 2024 confirme deux tendances structurantes. D'une part, le contrôle des dispositifs de formation professionnelle continue d'être renforcé, en particulier sur le CPF, ce qui implique une vigilance accrue sur la conformité des pratiques pédagogiques et administratives. D'autre part, l'apprentissage reste un axe de développement soutenu par l'État, avec un cadre de financement qui évolue par ailleurs depuis le 1er juillet 2025.
- Vérifier que les actions de formation proposées correspondent aux priorités identifiées par la DGEFP pour les métiers en tension, dont la santé.
- Anticiper les échanges avec les Régions et les OPCO sur le nouveau cycle de financement 2024-2027.
- Documenter la qualité des parcours de formation en apprentissage et en CPF pour répondre aux exigences de contrôle rappelées dans le rapport.
- Suivre l'évolution des règles de financement de l'apprentissage applicables depuis le 1er juillet 2025, qui modifient le plan de financement des contrats.
- Identifier dans le rapport les axes qui concernent directement votre secteur d'activité.
- Recenser les dispositifs de financement mobilisables auprès de l'OPCO Santé et de la Région.
- Mettre à jour les procédures internes de suivi qualité pour anticiper les contrôles.
- Sensibiliser les équipes RH et pédagogiques aux nouvelles règles de financement de l'apprentissage.
Dimitri Jorand, gérant de DEMETER SANTE : "Les employeurs du secteur médico-social qui suivent ces rapports d'activité prennent une longueur d'avance. Ils comprennent où l'État oriente les financements avant que leurs concurrents ne s'en aperçoivent."
Comment DEMETER SANTE peut vous accompagner
Anticiper ces orientations suppose de disposer d'une lecture actualisée des priorités de l'État et d'outils opérationnels pour sécuriser vos parcours de formation. DEMETER SANTE accompagne les établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux dans la structuration de leur formation dans la FPH : ce que le bilan ANFH 2024 dit des parcours professionnels et dans le choix des bilan ANFH 2025 : mobiliser les dispositifs de formation au bon moment de la carrière à leurs besoins.
Les organismes de formation peuvent également s'appuyer sur notre expertise pour renforcer leurs auditeurs Qualiopi : vers une certification des compétences et des exigences déontologiques renforcées et anticiper les contrôles évoqués dans le rapport.
Cas d'usage : un établissement médico-social face au nouveau cycle de financement
Prenons la situation d'un EHPAD associatif qui peine à recruter des aides-soignants et des accompagnants éducatifs et sociaux. La direction des ressources humaines apprend, à la lecture du rapport DGEFP 2024, que les métiers en tension figurent parmi les priorités du cycle de financement 2024-2027 conclu avec les Régions. Concrètement, cela signifie que l'établissement a intérêt à ne plus attendre une vacance de poste pour agir, mais à construire en amont un partenariat avec France Travail local, la Région et l'OPCO Santé afin de faire remonter ses besoins de recrutement dans les listes de métiers en tension retenues sur le territoire.
La démarche pratique consiste à documenter le besoin (nombre de postes vacants, ancienneté des difficultés de recrutement, compétences recherchées), à solliciter un rendez-vous avec le conseiller entreprise de France Travail référent du secteur médico-social, puis à examiner avec l'OPCO Santé les dispositifs de formation en alternance ou de préparation opérationnelle à l'emploi qui peuvent être mobilisés sur ces financements régionaux. Un organisme de formation partenaire peut, de son côté, construire une offre calée sur ce calendrier plutôt que de proposer un catalogue générique.
Cas d'usage : un organisme de formation qui anticipe le contrôle renforcé du CPF
Un organisme de formation qui commercialise des actions éligibles au CPF dans le champ sanitaire et social peut s'appuyer sur le rapport pour objectiver sa feuille de route qualité. Le renforcement de la régulation du CPF évoqué dans le rapport accroît la vigilance sur les points déjà couverts par le référentiel Qualiopi : réalité de l'action pédagogique, adéquation entre le programme annoncé et le contenu délivré, traçabilité de l'assiduité et de la satisfaction des stagiaires.
L'organisme qui veut se mettre en ordre de marche a intérêt à revoir en priorité trois éléments : la cohérence entre les fiches actions publiées sur Mon Compte Formation et les supports pédagogiques réellement utilisés, la conservation des preuves d'assiduité pour chaque session financée par le CPF, et la clarté de l'information donnée au stagiaire sur le contenu, la durée et les modalités d'évaluation avant son inscription.
| Priorité issue du rapport | Action pour un établissement employeur | Action pour un organisme de formation |
|---|---|---|
| Réseau pour l'emploi et coordination territoriale | Se rapprocher de France Travail et de la Région pour faire remonter ses besoins de recrutement | Adapter son offre aux métiers en tension identifiés localement |
| Renforcement du contrôle du CPF | Vérifier que les formations achetées via CPF pour les agents correspondent à un besoin réel | Sécuriser la traçabilité pédagogique et administrative des sessions financées par le CPF |
| Nouveau cycle de financement 2024-2027 | Documenter les besoins en recrutement pour les faire remonter dans les négociations régionales | Construire une offre calée sur le calendrier de financement régional plutôt que sur un catalogue générique |
Erreurs fréquentes à éviter
- Attendre la publication d'un appel à projets régional pour commencer à documenter ses besoins en recrutement, alors que ce travail doit être engagé en amont.
- Confondre l'assouplissement de l'apprentissage avec une absence de règles de financement : les modalités ont évolué depuis le 1er juillet 2025 et doivent être vérifiées avant chaque nouveau contrat.
- Considérer le renforcement du contrôle du CPF comme une contrainte ponctuelle, alors qu'il s'agit d'une tendance de fond qui suppose une revue régulière des pratiques internes.
- Négliger l'articulation entre les dispositifs d'insertion des publics éloignés de l'emploi et les parcours de formation qualifiante, ce qui limite la capacité à transformer un accompagnement en recrutement effectif.
Plan d'action en trois temps
- Court terme : lister les postes en tension et les formations CPF actuellement mobilisées, pour identifier les priorités à traiter en premier.
- Moyen terme : engager les échanges avec l'OPCO Santé, la Région et France Travail pour positionner l'établissement sur les dispositifs de financement 2024-2027.
- Continu : mettre en place une revue périodique des preuves de conformité des actions de formation financées par des fonds publics, afin de ne pas découvrir un écart lors d'un contrôle.
Ce qu'il faut faire dès maintenant
Trois actions concrètes découlent de ce rapport pour les acteurs du secteur sanitaire et médico-social. D'abord, se rapprocher de l'OPCO Santé et de la Région pour identifier les financements disponibles sur les métiers en tension. Ensuite, vérifier la conformité des dispositifs de formation utilisés, notamment ceux financés par le CPF, au regard du renforcement du contrôle annoncé. Enfin, intégrer les nouvelles règles de financement de l'apprentissage dans les prévisions budgétaires 2025 et 2026.
Pour construire un plan d'action adapté à votre structure, contactez notre équipe via notre page contact ou demandez un devis personnalisé.
Pour aller plus loin : Compétences sociales et émotionnelles : un levier documenté pour la réussite professionnelle.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la DGEFP ?
La Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle est le service du ministère du Travail chargé de concevoir, financer et piloter les politiques publiques d'emploi et de formation professionnelle, en lien avec les Régions, les partenaires sociaux et le service public de l'emploi.
Quand le rapport d'activité 2024 de la DGEFP a-t-il été publié ?
Le rapport a été publié le 14 août 2025 sur le site travail-emploi.gouv.fr, sous la forme d'une page de présentation destinée à tous les publics intéressés par les politiques d'emploi et de formation.
Combien de contrats d'apprentissage ont été signés en 2024 selon le rapport ?
Le rapport indique que 878 900 nouveaux contrats d'apprentissage ont été signés en 2024, ce qui représente une hausse de 3,2 % par rapport à l'année précédente.
Quel lien entre ce rapport et le financement de l'apprentissage en 2025 ?
Le rapport souligne la dynamique de l'apprentissage en 2024, tandis que les règles de financement des contrats ont évolué séparément depuis le 1er juillet 2025, avec une participation obligatoire de l'employeur sur certains niveaux de diplôme.
Le rapport concerne-t-il spécifiquement le secteur sanitaire et médico-social ?
Le rapport aborde un périmètre large et mentionne les métiers en tension, catégorie qui inclut la santé, comme axe prioritaire du nouveau cycle de financement des formations 2024-2027 mené avec les Régions.
Le contrôle de la formation professionnelle a-t-il été renforcé en 2024 ?
Le rapport indique que la régulation du Compte personnel de formation a été renforcée pour lutter contre les dérives constatées, dans un objectif de sécurisation des financements publics et de qualité des parcours de formation.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que la DGEFP ?
- La Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle est le service du ministère du Travail chargé de concevoir, financer et piloter les politiques publiques d'emploi et de formation professionnelle, en lien avec les Régions, les partenaires sociaux et le service public de l'emploi.
- Quand le rapport d'activité 2024 de la DGEFP a-t-il été publié ?
- Le rapport a été publié le 14 août 2025 sur le site travail-emploi.gouv.fr, sous la forme d'une page de présentation destinée à tous les publics intéressés par les politiques d'emploi et de formation.
- Combien de contrats d'apprentissage ont été signés en 2024 selon le rapport ?
- Le rapport indique que 878 900 nouveaux contrats d'apprentissage ont été signés en 2024, ce qui représente une hausse de 3,2 % par rapport à l'année précédente.
- Quel lien entre ce rapport et le financement de l'apprentissage en 2025 ?
- Le rapport souligne la dynamique de l'apprentissage en 2024, tandis que les règles de financement des contrats ont évolué séparément depuis le 1er juillet 2025, avec une participation obligatoire de l'employeur sur certains niveaux de diplôme.
- Le rapport concerne-t-il spécifiquement le secteur sanitaire et médico-social ?
- Le rapport aborde un périmètre large et mentionne les métiers en tension, catégorie qui inclut la santé, comme axe prioritaire du nouveau cycle de financement des formations 2024-2027 mené avec les Régions.
- Le contrôle de la formation professionnelle a-t-il été renforcé en 2024 ?
- Le rapport indique que la régulation du Compte personnel de formation a été renforcée pour lutter contre les dérives constatées, dans un objectif de sécurisation des financements publics et de qualité des parcours de formation.