Transition écologique : organiser la formation de tous les agents de l'État d'ici 2027
Formation et transformations de la fonction publique Dimitri Jorand
La DGAFP a annoncé le 17 novembre 2025 la généralisation de la formation à la transition écologique pour les agents de l'État, autour d'un socle climat, biodiversité et ressources, avec un déploiement jusqu'en 2027 et un réseau d'animateurs internes. Ce dispositif reste circonscrit au versant État.
La DGAFP a annoncé le 17 novembre 2025 la généralisation de la formation à la transition écologique pour l'ensemble des agents de l'État. Ce dispositif ne concerne que le versant État de la fonction publique, avec un socle commun sur le climat, la biodiversité et les ressources, un déploiement progressif jusqu'en 2027, et un réseau d'animateurs internes chargé de faire vivre ces contenus au delà de la seule session de formation. Il ne s'étend pas, en l'état, à la fonction publique hospitalière ni à la fonction publique territoriale.
Ce qu'annonce la DGAFP le 17 novembre 2025
La Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP) a publié le 17 novembre 2025 une annonce relative à la généralisation de la formation à la transition écologique pour tous les agents de l'État. Cette annonce s'inscrit dans le schéma directeur de la formation professionnelle tout au long de la vie porté par la DGAFP, qui définit les orientations de formation communes aux ministères et aux écoles de service public.
L'objectif affiché est de donner à chaque agent de l'État, quel que soit son ministère d'affectation, un socle de connaissances communes sur les enjeux climatiques, la biodiversité et l'usage des ressources, afin que ces sujets ne soient plus réservés à des services spécialisés. La généralisation vise un horizon fixé à 2027, avec un déploiement progressif dans le temps plutôt qu'une mise en œuvre immédiate et uniforme sur l'ensemble des administrations.
Un socle commun structuré autour de trois axes
Le contenu de ce socle de formation s'articule autour de trois grands thèmes : le climat, la biodiversité et les ressources. Cette structuration vise à donner une culture commune minimale, sans se substituer aux formations techniques déjà existantes dans certains ministères sur des sujets spécifiques, comme la gestion de l'eau ou la rénovation énergétique des bâtiments publics. Le socle est pensé comme un point de départ partagé, destiné à tous les agents, quel que soit leur métier ou leur niveau de responsabilité.
Cette approche par socle commun rappelle, dans son principe, la démarche déjà connue dans d'autres champs de la formation professionnelle, où un tronc commun précède des approfondissements spécifiques selon les métiers. Plan Osez l'IA : construire un parcours d'adoption utile pour une organisation de santé, bien que développés dans un contexte différent, celui de la culture numérique en établissement de santé, illustrent cette logique de progression par paliers, du socle général vers des compétences plus ciblées.
Un déploiement progressif jusqu'en 2027
La généralisation ne se fait pas en une seule fois. L'annonce de la DGAFP situe l'échéance de généralisation à l'horizon 2027, ce qui suppose un déploiement par vagues successives, ministère par ministère, ou selon d'autres modalités d'organisation à préciser par chaque administration. Cette temporalité étalée permet d'adapter les contenus aux réalités de chaque structure, mais elle implique aussi une vigilance sur le suivi, pour éviter qu'un agent ne reste plusieurs années sans avoir accès à ce socle commun.
Pour les directions des ressources humaines ministérielles, ce déploiement progressif suppose de définir un calendrier interne, de désigner des interlocuteurs responsables du suivi, et de prévoir les modalités concrètes d'inscription des agents. Plan qualité et lutte contre la fraude : ce que les organismes de formation doivent documenter, connues dans la fonction publique hospitalière, offrent un principe d'organisation transposable dans son esprit, même si les outils et les opérateurs diffèrent entre les trois versants de la fonction publique.
Le rôle central d'un réseau d'animateurs internes
L'annonce de la DGAFP met en avant la constitution d'un réseau d'animateurs chargés de porter cette formation au sein des administrations. Ce choix traduit une volonté de s'appuyer sur des relais internes, capables d'adapter les contenus au contexte de chaque service et de maintenir une dynamique après la formation initiale.
Ce rôle d'animateur rejoint, dans son principe, celui des relais internes déjà mobilisés dans d'autres démarches de transformation. Semaines d'information sur la santé mentale : faire du lien social une action durable montrent qu'un réseau de relais identifiés, formés et outillés, produit des effets plus durables qu'une communication descendante unique, à condition que ces animateurs disposent d'un temps dédié reconnu par leur hiérarchie pour exercer cette fonction, en plus de leurs missions habituelles.
De la formation au passage à l'action
L'enjeu affiché par la DGAFP dépasse la diffusion de connaissances. La généralisation vise aussi à favoriser un passage à l'action concret dans les pratiques professionnelles des agents, par exemple dans la manière de rédiger un cahier des charges, d'organiser un déplacement professionnel ou de gérer les ressources dans un service. Cette ambition rejoint une question plus générale, déjà présente dans d'autres domaines de la formation professionnelle : comment s'assurer qu'une formation transforme réellement des pratiques, au delà de la simple acquisition de connaissances théoriques ?
Professionnels de l'autonomie : ce que les conventions CNSA changent pour la formation, développées notamment dans le champ sanitaire, rappellent qu'un passage à l'action durable suppose un accompagnement après la formation, des occasions concrètes de mettre en pratique les acquis, et un suivi dans le temps plutôt qu'une évaluation limitée à la satisfaction exprimée en fin de session. Rien n'indique à ce stade que la DGAFP ait précisé les modalités exactes de cette évaluation pour le socle climat biodiversité ressources, ce qui invite les administrations à construire leurs propres indicateurs de suivi, sans attendre un cadrage national supplémentaire.
Cas concret : une direction régionale organise le déploiement du socle
Dans une direction régionale des finances publiques, la responsable des ressources humaines a été chargée d'organiser le déploiement du socle commun sur la transition écologique auprès de plusieurs centaines d'agents répartis sur différents sites. Plutôt que de convoquer tous les agents en une seule session, elle a choisi de désigner cinq agents volontaires comme animateurs relais, formés en amont par un organisme de formation, et chargés ensuite d'animer des sessions plus courtes au sein de leurs propres équipes.
Ce choix a permis d'adapter certains exemples au contexte local, par exemple la gestion des déplacements professionnels entre sites, et de répartir la charge d'animation sur plusieurs personnes plutôt que sur un seul intervenant externe. Un point d'étape a été fixé six mois après le début du déploiement, pour vérifier la proportion d'agents ayant suivi le socle et identifier les services en retard, dans une logique de suivi progressif cohérente avec l'échéance de 2027 annoncée par la DGAFP.
| Élément de l'annonce DGAFP | Ce que cela implique | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Généralisation à tous les agents de l'État | Un socle commun, distinct des formations techniques spécialisées | Ne pas étendre cette obligation à la FPH ou à la FPT sans annonce spécifique |
| Socle climat, biodiversité, ressources | Une culture commune minimale pour l'ensemble des métiers | Ne pas confondre ce socle avec un approfondissement technique métier |
| Déploiement jusqu'en 2027 | Un calendrier interne à construire par chaque administration | Risque d'inégalité de calendrier entre services si aucun suivi n'est organisé |
| Réseau d'animateurs | Des relais internes formés pour porter la démarche dans la durée | Nécessité d'un temps dédié reconnu pour ces animateurs |
| Passage à l'action | Un objectif de transformation des pratiques professionnelles | Modalités d'évaluation à préciser au niveau de chaque administration |
Actions immédiates pour les directions des ressources humaines de l'État
Sans attendre des précisions complémentaires de la DGAFP, une direction des ressources humaines d'un service de l'État peut d'ores et déjà engager plusieurs actions. La première consiste à identifier le nombre d'agents concernés et à estimer un calendrier interne compatible avec l'échéance de 2027. La deuxième consiste à repérer des agents volontaires susceptibles de devenir animateurs relais, en particulier ceux déjà sensibilisés aux enjeux environnementaux dans leur pratique professionnelle.
La troisième action consiste à prévoir, dès la conception du déploiement, des indicateurs simples de suivi du passage à l'action, plutôt que de se limiter à un comptage du nombre d'agents formés. Plan européen pour un continent de l'IA : quelles opportunités pour la santé et les services publics ?, bien qu'issus d'un contexte différent, donnent des repères transposables pour structurer ce déploiement pluriannuel de manière lisible pour l'ensemble des équipes concernées.
- Prendre connaissance de l'annonce de la DGAFP du 17 novembre 2025 et de son périmètre limité aux agents de l'État.
- Identifier, au sein de son administration, le nombre d'agents concernés et les services déjà sensibilisés aux enjeux de transition écologique.
- Construire un calendrier interne de déploiement compatible avec l'échéance de généralisation fixée à 2027.
- Repérer des agents volontaires pour devenir animateurs relais et organiser leur formation en amont.
- Reconnaître un temps dédié pour ces animateurs, en plus de leurs missions habituelles.
- Adapter certains exemples du socle commun au contexte concret du service, sans dénaturer les contenus nationaux.
- Définir des indicateurs simples de suivi du passage à l'action, au delà du seul comptage des agents formés.
- Organiser un point d'étape régulier jusqu'à l'échéance de 2027, pour ajuster le déploiement si nécessaire.
- Le périmètre de la généralisation, limité aux agents de l'État, a été clairement rappelé aux équipes.
- Un calendrier interne de déploiement a été construit en cohérence avec l'échéance de 2027.
- Des animateurs relais volontaires ont été identifiés et formés en amont.
- Un temps dédié est reconnu pour les animateurs, en plus de leurs missions courantes.
- Le contenu du socle a été adapté au contexte local sans dénaturer les orientations nationales.
- Des indicateurs de suivi du passage à l'action ont été définis, au delà du nombre d'agents formés.
- Un point d'étape régulier est prévu jusqu'à l'échéance de généralisation.
- Aucune extension de cette obligation n'a été annoncée à la fonction publique hospitalière ou territoriale sans vérification préalable auprès des sources officielles.
Conclusion
L'annonce de la DGAFP du 17 novembre 2025 fixe un cap clair pour la fonction publique d'État, avec un socle commun sur le climat, la biodiversité et les ressources, un horizon de généralisation à 2027, et un appui sur un réseau d'animateurs internes. Ce dispositif reste circonscrit aux agents de l'État et ne s'étend pas, en l'état des annonces disponibles, à la fonction publique hospitalière ni à la fonction publique territoriale, dont les dispositifs de formation continuent de relever respectivement de l'ANFH et du CNFPT.
Pour les administrations concernées, l'enjeu des prochains mois consiste à transformer cette annonce en un déploiement organisé, avec un calendrier réaliste, des relais internes reconnus et des indicateurs de suivi qui dépassent le simple comptage des sessions suivies. Les repères sur l'assurance qualité en formation des adultes peuvent utilement nourrir cette réflexion, en gardant à l'esprit que la qualité d'un dispositif de formation se mesure autant à son organisation qu'à son contenu.
Questions fréquentes
Quel est le périmètre exact de la généralisation annoncée par la DGAFP le 17 novembre 2025 ?
Cette généralisation concerne les agents de la fonction publique d'État. Elle ne s'applique pas à la fonction publique hospitalière, dont la formation relève de l'ANFH, ni à la fonction publique territoriale, dont l'offre est structurée par le CNFPT.
Que contient le socle commun sur la transition écologique ?
Le socle est structuré autour de trois axes : le climat, la biodiversité et les ressources. Il vise une culture commune minimale pour tous les agents, sans remplacer les formations techniques spécifiques déjà existantes dans certains ministères.
À quelle échéance cette généralisation doit-elle être atteinte ?
L'annonce de la DGAFP fixe un horizon à 2027 pour la généralisation, ce qui suppose un déploiement progressif plutôt qu'une mise en œuvre uniforme et immédiate dans toutes les administrations.
À quoi sert le réseau d'animateurs mentionné dans l'annonce ?
Ce réseau d'animateurs internes est chargé de porter la formation au sein des administrations, d'adapter les contenus au contexte local et de maintenir une dynamique après la session de formation initiale, plutôt que de limiter la démarche à une communication descendante unique.
Cette généralisation garantit-elle un changement réel des pratiques professionnelles ?
L'annonce affiche un objectif de passage à l'action, mais les modalités précises d'évaluation de ce passage à l'action n'ont pas été détaillées à ce stade. Les administrations gagnent à construire leurs propres indicateurs de suivi plutôt que de se limiter au nombre d'agents formés.
Les agents de la fonction publique hospitalière doivent-ils suivre cette formation ?
Non, en l'état des annonces disponibles, ce dispositif ne concerne que les agents de l'État. Toute extension à la fonction publique hospitalière relèverait d'une décision propre à l'ANFH, non annoncée à ce jour.
Comment une administration peut-elle se préparer sans attendre des précisions supplémentaires de la DGAFP ?
Elle peut dès maintenant identifier les agents concernés, construire un calendrier interne compatible avec l'échéance de 2027, repérer des animateurs relais volontaires et définir des indicateurs simples de suivi du passage à l'action.
Questions fréquentes
- Quel est le périmètre exact de la généralisation annoncée par la DGAFP le 17 novembre 2025 ?
- Cette généralisation concerne les agents de la fonction publique d'État. Elle ne s'applique pas à la fonction publique hospitalière, dont la formation relève de l'ANFH, ni à la fonction publique territoriale, dont l'offre est structurée par le CNFPT.
- Que contient le socle commun sur la transition écologique ?
- Le socle est structuré autour de trois axes : le climat, la biodiversité et les ressources. Il vise une culture commune minimale pour tous les agents, sans remplacer les formations techniques spécifiques déjà existantes dans certains ministères.
- À quelle échéance cette généralisation doit-elle être atteinte ?
- L'annonce de la DGAFP fixe un horizon à 2027 pour la généralisation, ce qui suppose un déploiement progressif plutôt qu'une mise en œuvre uniforme et immédiate dans toutes les administrations.
- À quoi sert le réseau d'animateurs mentionné dans l'annonce ?
- Ce réseau d'animateurs internes est chargé de porter la formation au sein des administrations, d'adapter les contenus au contexte local et de maintenir une dynamique après la session de formation initiale, plutôt que de limiter la démarche à une communication descendante unique.
- Cette généralisation garantit-elle un changement réel des pratiques professionnelles ?
- L'annonce affiche un objectif de passage à l'action, mais les modalités précises d'évaluation de ce passage à l'action n'ont pas été détaillées à ce stade. Les administrations gagnent à construire leurs propres indicateurs de suivi plutôt que de se limiter au nombre d'agents formés.
- Les agents de la fonction publique hospitalière doivent-ils suivre cette formation ?
- Non, en l'état des annonces disponibles, ce dispositif ne concerne que les agents de l'État. Toute extension à la fonction publique hospitalière relèverait d'une décision propre à l'ANFH, non annoncée à ce jour.
- Comment une administration peut-elle se préparer sans attendre des précisions supplémentaires de la DGAFP ?
- Elle peut dès maintenant identifier les agents concernés, construire un calendrier interne compatible avec l'échéance de 2027, repérer des animateurs relais volontaires et définir des indicateurs simples de suivi du passage à l'action.