Assertivité au travail : s’affirmer sans agressivité, avec 12 exemples

Management

Dire non, demander un arbitrage, exprimer un désaccord : 12 exemples fictifs pour poser une limite claire sans dévaloriser l’autre, avec les précautions utiles.

L’assertivité au travail consiste à exprimer une demande, une limite ou un désaccord de façon claire, sans s’effacer ni chercher à dominer l’autre. Elle aide à dire ce qui est possible, ce qui pose problème et ce qui doit être décidé. Elle n’assure pas que l’interlocuteur acceptera : une communication respectueuse peut se terminer par un désaccord.

Dire oui à tout finit parfois par créer des engagements impossibles. À l’inverse, parler plus fort ou mettre un collègue en défaut peut fermer la discussion. Entre ces deux impasses, voici des repères utilisables en réunion, en entretien et dans les équipes du soin, sans transformer un outil de communication en solution magique.

Assertivité, passivité et agressivité : trois façons de traiter un désaccord

Comparer les comportements dans une situation fictive de surcharge
ComportementFormulation possibleCe qui manque
PassivitéOui, je vais tout faire, même si je ne sais pas comment.La contrainte n’est pas rendue visible.
AgressivitéC’est toujours pareil, vous êtes incapables d’organiser le travail.Le reproche global remplace le problème précis.
AssertivitéJe peux terminer un dossier aujourd’hui. Lequel est prioritaire ?Une décision reste nécessaire, mais l’arbitrage est explicite.

Ces catégories décrivent des comportements dans un échange, pas des identités définitives. La même personne peut se taire avec un supérieur, répondre sèchement sous pression et dialoguer avec aisance dans un autre contexte.

Préparer une phrase assertive en quatre points

  1. Le fait : quelle situation précise et vérifiable souhaitez-vous évoquer ?
  2. L’effet ou la limite : qu’est-ce que cela change pour le travail, le délai ou votre disponibilité ?
  3. La demande : quelle action ou décision attendez-vous réellement ?
  4. La marge de discussion : qu’est-ce qui peut être adapté, et qu’est-ce qui ne peut pas l’être ?

Ce support de préparation est une proposition pédagogique DEMETER SANTÉ. Vous pouvez le rapprocher de la méthode DESC, sans apprendre un script au détriment de l’écoute. Une demande vague comme « soyez plus respectueux » devient plus exploitable lorsqu’elle précise le comportement attendu.

12 exemples pour s’affirmer au travail sans agressivité

Tous les échanges suivants sont fictifs. Ils constituent des possibilités de formulation, à adapter à votre rôle, au contexte et aux procédures. Ce ne sont ni des consignes cliniques ni des modèles juridiques.

1. Dire non à une tâche supplémentaire

Formulation possible : « Je viens de recevoir une nouvelle demande alors que deux dossiers restent à terminer. Je peux traiter l’un des trois aujourd’hui. Quelle priorité retenons-nous ? »

Pourquoi et avec quelle limite : Vous rendez la contrainte visible et sollicitez un arbitrage. Vous ne promettez pas de tout absorber, mais vous ne décidez pas seul de délais qui engagent le service.

2. Demander à finir sa phrase

Formulation possible : « Je souhaite terminer le point sur le planning, puis je vous laisse répondre. Il me reste une information à donner. »

Pourquoi et avec quelle limite : La demande porte sur le déroulement de l’échange, pas sur la personnalité de celui qui interrompt. Gardez la possibilité d’être interrompu si une alerte urgente l’exige.

3. Contester une appréciation

Formulation possible : « Je comprends que vous attendiez davantage d’anticipation. Sur le dossier de mardi, l’information est arrivée à 16 h. Regardons la chronologie avant de conclure. »

Pourquoi et avec quelle limite : Vous distinguez une attente légitime et un fait contestable. Préparez les éléments vérifiables ; évitez de transformer un désaccord en procès d’intention.

4. Poser une limite sur le ton

Formulation possible : « Je suis disponible pour discuter de l’erreur. Je vous demande de ne pas me parler sur ce ton. Reprenons sur les faits dans un espace calme. »

Pourquoi et avec quelle limite : La fermeté n’impose pas de crier plus fort. Si l’échange devient menaçant, la priorité est la protection et le recours au circuit prévu, pas la réussite de cette phrase.

5. Solliciter de l’aide

Formulation possible : « Sur cette procédure, je ne suis pas suffisamment à l’aise pour intervenir seul. J’ai besoin d’un accompagnement par la personne compétente. »

Pourquoi et avec quelle limite : Vous signalez une limite de compétence au lieu de la masquer. Dans le soin, cette formulation accompagne les procédures de sécurité et ne constitue pas une autorisation de pratiquer.

6. Exprimer un désaccord hiérarchique

Formulation possible : « Avec les informations dont je dispose, ce délai me paraît difficile à tenir. Le point bloquant est la disponibilité de l’équipe. Pouvons-nous examiner une autre organisation ? »

Pourquoi et avec quelle limite : Vous explicitez le motif et ouvrez une discussion. Le cadre hiérarchique, les responsabilités et les procédures d’alerte continuent de s’appliquer.

7. Répondre à une remarque vague

Formulation possible : « Quand vous dites que je manque d’implication, à quelle situation précise faites-vous référence ? J’aimerais comprendre ce qui est attendu. »

Pourquoi et avec quelle limite : Vous demandez un comportement observable au lieu d’accepter une étiquette. Cette clarification peut nourrir un feedback ; elle n’efface pas une remarque humiliante.

8. Faire respecter un temps de repos

Formulation possible : « Je ne serai pas disponible sur ce créneau de repos. Pour cette demande non urgente, je vous répondrai à mon retour selon l’organisation prévue. »

Pourquoi et avec quelle limite : Vous annoncez votre disponibilité sans vous justifier longuement. Les astreintes et obligations effectivement applicables doivent être prises en compte ; cette phrase n’est pas un avis juridique.

9. Reconnaître une erreur sans se dévaloriser

Formulation possible : « J’ai omis cette pièce dans l’envoi. Je vais la transmettre et vérifier le dossier. Je souhaite aussi comprendre pourquoi le contrôle prévu n’a pas repéré l’oubli. »

Pourquoi et avec quelle limite : Vous assumez le fait et préparez une correction. Chercher les causes organisationnelles n’exonère pas de sa responsabilité ; cela aide à éviter une répétition.

10. Clarifier une demande insistante d’un proche

Formulation possible : « Je comprends votre besoin d’information. Je peux vous expliquer le circuit de contact. Pour les informations personnelles, nous devons vérifier ce qui peut être communiqué et à qui. »

Pourquoi et avec quelle limite : Vous reconnaissez l’attente sans promettre un accès au dossier. La relation ne se construit pas au prix du secret ou des choix de la personne accompagnée.

11. Demander une décision en réunion

Formulation possible : « Nous avons identifié deux options. Pour avancer, de quelle information avons-nous encore besoin et qui prend la décision finale ? »

Pourquoi et avec quelle limite : La demande est directe sans confisquer la parole. Si la décision exige une expertise absente, demander un responsable et un délai est plus utile que forcer un accord.

12. Défendre une proposition sans s’y accrocher

Formulation possible : « Je propose un essai limité de ce nouveau fonctionnement. Voici le problème qu’il cherche à résoudre. Quels risques ou contraintes voyez-vous que je n’ai pas pris en compte ? »

Pourquoi et avec quelle limite : Vous soutenez votre idée et autorisez sa critique. L’assertivité reste compatible avec une révision de position ; elle ne consiste pas à gagner toutes les discussions.

Ce que les recherches permettent de dire, sans promettre un résultat

Un essai randomisé de 2018 sur la prise de parole infirmière en situation simulée ne trouve pas de différence globale entre les groupes ; ses résultats diffèrent selon les unités étudiées. Une étude quasi expérimentale de 2021 explore l’association d’une formation à l’assertivité et de SBAR chez des étudiants infirmiers. Ces contextes spécifiques ne permettent pas de garantir qu’une phrase produira le même effet dans toute équipe. L’entraînement, les possibilités réelles d’alerte et la réaction de l’encadrement comptent.

Quand la protection doit passer avant la technique

Face à une menace, à des humiliations répétées ou à une situation dangereuse, ne cherchez pas la « bonne formule » au prix de votre sécurité. Mobilisez les circuits de protection et de signalement adaptés. L’INRS situe la prévention des risques psychosociaux dans une démarche collective centrée sur les situations de travail : apprendre à dire non ne remplace pas une action sur une surcharge durable.

Pour un désaccord ordinaire, le guide gérer un conflit dans une équipe aide à organiser la discussion. Si votre objectif est de donner un retour professionnel, travaillez plutôt un feedback constructif précis et suivi.

Un entraînement court et réaliste

Choisissez une situation peu risquée. Écrivez votre demande en deux phrases. Faites-la relire par un collègue : comprend-il ce que vous attendez ? Après l’échange, notez ce qui a été décidé et ce qui reste à arbitrer. Le progrès se mesure à la clarté et à la qualité du dialogue, pas au nombre de « non » prononcés.

DEMETER SANTÉ accompagne les équipes et managers dans le travail sur les relations professionnelles. Approfondir les exemples de feedback ou construire une formation sur mesure permet de partir de situations adaptées à votre organisation.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre assertivité et agressivité ?

L’assertivité exprime clairement une position tout en respectant l’autre. L’agressivité cherche à imposer, intimider ou dévaloriser. Une phrase ferme peut être assertive ; son ton, son contexte et ses conséquences comptent aussi.

Peut-on être assertif quand on manque de confiance ?

Oui. Préparer une demande précise et s’entraîner dans une situation peu risquée aide à agir sans attendre de se sentir parfaitement sûr. La confiance n’est pas une condition préalable absolue, et un accompagnement peut être utile.

Comment dire non à son responsable ?

Expliquez la contrainte, ce que vous pouvez faire et l’arbitrage nécessaire. Évitez de promettre une tâche irréalisable. La formulation doit respecter votre rôle, les règles applicables et les impératifs de sécurité.

L’assertivité suffit-elle face au harcèlement ?

Non. Des humiliations répétées, une menace ou une discrimination appellent les dispositifs de protection et de signalement appropriés. Il ne faut pas faire reposer la solution sur la capacité de la personne visée à mieux communiquer.

Sources et méthode

Sources primaires consultées le 6 octobre 2026. Les formulations, exercices et exemples proposés ci-dessus sont des créations pédagogiques DEMETER SANTÉ, pas des citations des organismes référencés.

Sources