Plan Osez l'IA : construire un parcours d'adoption utile pour une organisation de santé
Qualité, normes et innovation Dimitri Jorand
Présenté par la DGE le 2 juillet 2025, le plan Osez l'IA vise à diffuser l'usage de l'IA dans les entreprises par la sensibilisation, la formation et l'accompagnement. Ce n'est ni une obligation, ni un droit à financement. Maturité, cas d'usage, données, compétences et mesure des effets pour une organisation de santé.
Le plan Osez l'IA, présenté par la Direction générale des entreprises le 2 juillet 2025, vise à diffuser l'usage de l'intelligence artificielle dans les entreprises françaises par la sensibilisation, la formation et l'accompagnement. Ce plan public n'est ni une obligation, ni un droit automatique à financement : il s'agit d'un cadre d'action dont l'accès aux dispositifs concrets dépend des opérateurs et des critères propres à chaque mesure. Pour une organisation de santé, l'enjeu consiste à construire son propre parcours d'adoption, fondé sur sa maturité réelle, ses cas d'usage prioritaires, ses données et les compétences de ses équipes, en vérifiant au cas par cas son éligibilité auprès des opérateurs concernés.
Ce que le plan Osez l'IA annonce, et ce qu'il n'annonce pas
Le 2 juillet 2025, la Direction générale des entreprises (DGE) a présenté le plan Osez l'IA, destiné à diffuser l'usage de l'intelligence artificielle dans l'ensemble des entreprises françaises, y compris les plus petites structures et les acteurs de secteurs peu numérisés. Ce plan s'articule autour de plusieurs axes : sensibiliser les dirigeants et les équipes aux apports concrets de l'IA, proposer des parcours de formation adaptés aux différents niveaux de maturité, et faciliter l'accès à un accompagnement pour la mise en œuvre de projets.
Un plan public de ce type n'est pas une obligation. Aucune entreprise ni organisation n'est tenue d'y participer, et son existence ne crée aucune contrainte nouvelle. Aucun droit automatique à financement n'en découle : les dispositifs concrets qui peuvent en résulter, qu'il s'agisse de formations subventionnées, d'accompagnements ou d'appels à projets, sont gérés par des opérateurs distincts, avec leurs propres critères d'éligibilité, leurs propres calendriers et leurs propres limites budgétaires.
Pourquoi ce plan concerne aussi les organisations de santé
Le secteur de la santé et du médico-social n'est pas toujours identifié en priorité dans les plans de diffusion de l'intelligence artificielle destinés aux entreprises, souvent pensés d'abord pour l'industrie et les services. Pourtant, les établissements de santé, les structures médico-sociales et les organismes de formation du secteur relèvent d'une même dynamique de fond : une maturité numérique hétérogène, des équipes rarement formées à l'IA de façon structurée, et des cas d'usage potentiels nombreux mais peu priorisés.
Un plan comme Osez l'IA rappelle utilement que la diffusion de l'IA engage l'organisation du travail, au-delà de l'achat d'un outil. Elle suppose une sensibilisation préalable des équipes, une formation ciblée sur les usages réels, et un accompagnement pour éviter les projets mal cadrés. Cette logique rejoint directement les repères déjà développés dans notre article sur la santé mentale 2026 : ce que l'accélération gouvernementale implique pour les acteurs, où la réussite d'un projet dépend davantage de la préparation organisationnelle que de la sophistication technique de l'outil choisi.
Construire un parcours d'adoption, étape par étape
Plutôt que d'attendre un dispositif de financement hypothétique, une organisation de santé gagne à construire son propre parcours d'adoption de l'IA, indépendamment du calendrier des plans publics. Ce parcours commence par une évaluation honnête de la maturité de l'organisation : niveau d'équipement numérique, qualité et disponibilité des données, compétences internes existantes, et culture du changement au sein des équipes.
Cette évaluation permet ensuite d'identifier des cas d'usage prioritaires, c'est à dire des situations concrètes où l'IA peut apporter une valeur mesurable sans complexité disproportionnée. Un cas d'usage prioritaire répond d'abord à un besoin clairement identifié par les équipes de terrain, avec des données disponibles et une gouvernance déjà en place pour l'encadrer. Notre article sur le robots et IA en logistique hospitalière : décider sur des résultats mesurables détaille une méthode pour cadrer ce type de démarche sans sur-ambition initiale.
Données, compétences et mesure des effets
La diffusion de l'IA dans une organisation de santé ne peut pas reposer uniquement sur l'enthousiasme d'un projet pilote. Trois piliers doivent être travaillés en parallèle. Le premier concerne les données : leur qualité, leur disponibilité et leur conformité au cadre de protection des données personnelles, en particulier pour les données de santé. Notre article sur la IA en contexte de soins : douze questions de gouvernance inspirées du projet de guide HAS-CNIL détaille les précautions nécessaires à ce stade.
Le deuxième pilier concerne les compétences internes. Un parcours d'adoption utile touche progressivement l'ensemble des équipes concernées par l'usage quotidien de l'outil, avec des contenus adaptés à leur niveau et à leur métier, au-delà de quelques référents techniques formés. Les repères développés dans notre article sur la plan psychiatrie 2025 : repérer, soigner et reconstruire dans les territoires s'appliquent directement à cette étape.
Le troisième pilier, souvent négligé, concerne la mesure des effets. Un projet d'IA qui n'est jamais évalué dans la durée ne permet ni de justifier son maintien, ni d'ajuster son déploiement. Mesurer des effets simples, gain de temps, réduction d'erreurs, satisfaction des équipes, suffit souvent à orienter les décisions suivantes, sans nécessiter d'indicateurs complexes dès le premier projet.
| Pilier | Question à se poser | Action de préparation |
|---|---|---|
| Maturité | Où en est réellement l'organisation aujourd'hui ? | Réaliser un diagnostic de maturité avant tout choix d'outil |
| Cas d'usage | Quel besoin concret et mesurable traiter en premier ? | Prioriser un cas simple, utile et bien cadré |
| Données | Les données nécessaires sont elles disponibles et conformes ? | Vérifier la qualité et la conformité avant le déploiement |
| Compétences | Les équipes savent elles utiliser l'outil au quotidien ? | Former progressivement au delà des seuls référents techniques |
| Effets | Comment saura-t-on si le projet a été utile ? | Définir des indicateurs simples avant le lancement |
Vérifier l'éligibilité aux dispositifs, sans présumer un droit acquis
Le plan Osez l'IA peut donner lieu, dans le temps, à des dispositifs concrets de formation, d'accompagnement ou de soutien à l'investissement, mais ces dispositifs sont gérés par des opérateurs distincts de la DGE elle même, chacun avec ses propres critères. Une organisation de santé intéressée par un dispositif particulier doit vérifier directement auprès de l'opérateur concerné les conditions d'éligibilité, le calendrier d'ouverture, et les limites budgétaires éventuelles, plutôt que de présumer un droit acquis du seul fait de l'existence du plan.
Pour approfondir le cadre plus large dans lequel s'inscrit ce type de plan, les ressources indépendantes disponibles sur euaiact.fr, ressources permettent de resituer les enjeux de diffusion de l'IA au regard des obligations propres au règlement européen sur l'intelligence artificielle, qui s'appliquent indépendamment de tout plan de soutien national.
Statut du plan à la date de vérification
À la date de vérification du 24 août 2026, les informations publiques disponibles ne permettent pas d'affirmer avec certitude l'état d'avancement complet du plan Osez l'IA ni la liste exacte des dispositifs effectivement ouverts à cette date. Il convient donc de vérifier directement auprès de la Direction générale des entreprises et des opérateurs concernés le statut actualisé du plan, plutôt que de se fier à une description figée à la date de son annonce du 2 juillet 2025. Cette prudence est d'autant plus nécessaire que les plans publics de ce type évoluent souvent dans leur périmètre et leurs modalités d'application au fil du temps.
Deux situations concrètes
Dans un établissement de santé de taille moyenne, la direction a engagé un diagnostic de maturité IA en interne, sans attendre de dispositif de financement particulier. Ce diagnostic a permis d'identifier un cas d'usage prioritaire simple, l'aide à la rédaction de comptes rendus administratifs, avant d'envisager, dans un second temps, une éventuelle demande d'accompagnement auprès d'un opérateur si son éligibilité était confirmée.
Dans un organisme de formation du secteur médico-social, le responsable pédagogique a construit un parcours de sensibilisation à l'IA pour l'ensemble des formateurs, en s'appuyant sur des ressources internes existantes, plutôt que d'attendre une aide externe hypothétique. Ce choix a permis d'avancer sur la montée en compétence des équipes indépendamment du calendrier des dispositifs publics, tout en gardant une veille active sur les opportunités de financement pertinentes pour l'organisme.
Ce que votre organisation peut faire maintenant
Sans attendre la confirmation d'un dispositif de financement particulier, une organisation de santé peut engager plusieurs actions concrètes. Elle peut réaliser un diagnostic de maturité IA, identifier un ou deux cas d'usage prioritaires réalistes, vérifier la qualité et la conformité des données nécessaires, et construire un parcours de sensibilisation puis de formation adapté aux différents métiers concernés.
Elle peut également désigner un référent chargé de suivre l'évolution du plan Osez l'IA et des dispositifs associés, afin de vérifier régulièrement l'éligibilité de l'organisation auprès des opérateurs concernés, sans construire son projet d'adoption de l'IA sur la seule hypothèse d'un financement externe. Le diagnostic de maturité IA proposé par Demeter Santé peut constituer un point de départ structurant pour cette démarche.
- Réaliser un diagnostic de maturité IA de l'organisation, indépendamment de tout dispositif public.
- Identifier un ou deux cas d'usage prioritaires, utiles, mesurables et réalistes.
- Vérifier la qualité, la disponibilité et la conformité des données nécessaires au projet.
- Construire un parcours de sensibilisation puis de formation adapté aux différents métiers.
- Définir des indicateurs simples pour mesurer les effets du ou des premiers cas d'usage.
- Désigner un référent chargé de suivre l'évolution du plan Osez l'IA et des dispositifs associés.
- Vérifier directement auprès des opérateurs concernés les conditions d'éligibilité à un dispositif donné.
- Documenter les décisions et les résultats pour orienter les projets suivants.
- Un diagnostic de maturité IA a été réalisé au sein de l'organisation.
- Un ou deux cas d'usage prioritaires ont été identifiés avec les équipes de terrain.
- La qualité et la conformité des données nécessaires ont été vérifiées.
- Un parcours de sensibilisation puis de formation est prévu pour les équipes concernées.
- Des indicateurs simples de mesure des effets ont été définis avant le lancement.
- Un référent suit l'évolution du plan Osez l'IA et des dispositifs associés.
- L'éligibilité à un dispositif de soutien a été vérifiée directement auprès de l'opérateur concerné.
- Aucune décision de financement n'a été présumée acquise avant confirmation officielle.
Pour approfondir la démarche
Construire un parcours d'adoption de l'IA solide suppose de mobiliser plusieurs repères complémentaires. Notre article sur la stratégie nationale IA et données de santé resitue le plan Osez l'IA dans un contexte plus large de politiques publiques. La schéma directeur immobilier en santé : piloter un projet qui relie soins, usages et climat aide à documenter les projets au fil de leur déploiement. Enfin, l'article sur la MDPH : dix-huit mesures pour simplifier le parcours et soutenir les agents propose une méthode de parcours de compétences transposable à d'autres statuts d'organisation.
Conclusion
Le plan Osez l'IA, présenté par la DGE le 2 juillet 2025, offre un cadre national de sensibilisation, de formation et d'accompagnement à la diffusion de l'intelligence artificielle dans les entreprises. Ce plan n'est ni une obligation, ni un droit automatique à financement, et son accès concret dépend d'opérateurs et de critères propres à chaque dispositif. Pour une organisation de santé, l'essentiel reste de construire son propre parcours d'adoption, fondé sur sa maturité réelle, ses cas d'usage prioritaires, la qualité de ses données, les compétences de ses équipes et la mesure des effets obtenus, tout en vérifiant avec prudence, à la date où l'organisation se renseigne, le statut actualisé du plan et l'éligibilité effective à ses dispositifs auprès des opérateurs concernés.
Questions fréquentes
Le plan Osez l'IA est il une obligation pour les entreprises ?
Non. Le plan Osez l'IA, présenté par la DGE le 2 juillet 2025, est un plan public de sensibilisation, de formation et d'accompagnement. Aucune entreprise ni organisation n'est tenue d'y participer.
Ce plan donne-t-il un droit automatique à un financement ?
Non. Le plan ne crée aucun droit automatique à financement. Les dispositifs concrets qui peuvent en découler sont gérés par des opérateurs distincts, avec leurs propres critères d'éligibilité.
Comment savoir si mon organisation est éligible à un dispositif lié au plan Osez l'IA ?
Il faut vérifier directement auprès de l'opérateur qui gère le dispositif concerné les conditions d'éligibilité, le calendrier et les limites budgétaires, plutôt que de présumer un accès acquis.
Par où commencer un parcours d'adoption de l'IA en établissement de santé ?
Il est recommandé de commencer par un diagnostic de maturité, puis d'identifier un ou deux cas d'usage prioritaires simples, avant de travailler les données, les compétences et la mesure des effets.
Faut il attendre le plan Osez l'IA pour former ses équipes à l'IA ?
Non. Une organisation peut construire son propre parcours de sensibilisation et de formation dès maintenant, indépendamment du calendrier des dispositifs publics.
Quel est le statut du plan Osez l'IA à la date de vérification de cet article ?
À la date de vérification du 24 août 2026, les informations disponibles ne permettent pas d'affirmer avec certitude l'état d'avancement complet du plan. Une vérification directe auprès de la DGE est recommandée.
Le plan Osez l'IA remplace-t-il les obligations du règlement européen sur l'intelligence artificielle ?
Non. Ce plan de diffusion est indépendant des obligations légales du règlement européen sur l'intelligence artificielle, qui s'appliquent selon leurs propres critères de classification de risque.
Questions fréquentes
- Le plan Osez l'IA est il une obligation pour les entreprises ?
- Non. Le plan Osez l'IA, présenté par la DGE le 2 juillet 2025, est un plan public de sensibilisation, de formation et d'accompagnement. Aucune entreprise ni organisation n'est tenue d'y participer.
- Ce plan donne-t-il un droit automatique à un financement ?
- Non. Le plan ne crée aucun droit automatique à financement. Les dispositifs concrets qui peuvent en découler sont gérés par des opérateurs distincts, avec leurs propres critères d'éligibilité.
- Comment savoir si mon organisation est éligible à un dispositif lié au plan Osez l'IA ?
- Il faut vérifier directement auprès de l'opérateur qui gère le dispositif concerné les conditions d'éligibilité, le calendrier et les limites budgétaires, plutôt que de présumer un accès acquis.
- Par où commencer un parcours d'adoption de l'IA en établissement de santé ?
- Il est recommandé de commencer par un diagnostic de maturité, puis d'identifier un ou deux cas d'usage prioritaires simples, avant de travailler les données, les compétences et la mesure des effets.
- Faut il attendre le plan Osez l'IA pour former ses équipes à l'IA ?
- Non. Une organisation peut construire son propre parcours de sensibilisation et de formation dès maintenant, indépendamment du calendrier des dispositifs publics.
- Quel est le statut du plan Osez l'IA à la date de vérification de cet article ?
- À la date de vérification du 24 août 2026, les informations disponibles ne permettent pas d'affirmer avec certitude l'état d'avancement complet du plan. Une vérification directe auprès de la DGE est recommandée.
- Le plan Osez l'IA remplace-t-il les obligations du règlement européen sur l'intelligence artificielle ?
- Non. Ce plan de diffusion est indépendant des obligations légales du règlement européen sur l'intelligence artificielle, qui s'appliquent selon leurs propres critères de classification de risque.