Questions ouvertes et fermées : exemples pour mieux conduire un entretien

Communication

Une question ouverte explore ; une question fermée précise. Apprenez à alterner les deux sans suggérer les réponses, avec des exemples pour les patients et les équipes.

Une question ouverte invite l’interlocuteur à développer sa réponse ; une question fermée appelle une information délimitée, un choix ou une réponse courte. Aucune des deux n’est supérieure en toute situation. L’enjeu est de choisir la forme adaptée au moment de l’entretien, puis de laisser suffisamment de place pour répondre.

Dans un échange avec un patient, une famille ou un collègue, une succession de questions fermées donne parfois une impression d’interrogatoire. À l’inverse, une question trop large peut désorienter une personne fatiguée ou laisser une décision importante dans le flou. Conduire un entretien consiste donc à alterner exploration et précision.

La différence, avec des exemples simples

Deux formes de questions, deux fonctions
SituationQuestion ouverteQuestion fermée
Comprendre une difficultéQu’est-ce qui vous gêne dans cette organisation ?La difficulté se produit-elle à la relève ?
Préparer un entretienQuels sujets souhaitez-vous aborder ?Souhaitez-vous commencer par le planning ?
Explorer un besoinDe quoi auriez-vous besoin pour la prochaine étape ?Avez-vous reçu le document de préparation ?
ConclureQue retenez-vous de notre échange ?Le point de suivi vendredi vous convient-il ?

Une réponse courte à une question ouverte n’est pas un échec. La personne peut avoir besoin de temps, ne pas savoir par où commencer ou ne pas souhaiter développer. Une relance sobre, un silence ou un exemple de thème possible valent souvent mieux qu’une nouvelle question immédiate.

Questions ouvertes : explorer sans disperser

Commencez par une question liée à l’objet de l’entretien : « Qu’est-ce qui fonctionne bien et qu’est-ce qui vous pose difficulté dans cette nouvelle organisation ? » Si deux sujets apparaissent, proposez de les traiter successivement. Une question ouverte efficace est compréhensible, située et suffisamment courte.

Pour un échange de management

  • « Quelle situation récente illustre le problème que vous évoquez ? »
  • « Qu’avez-vous déjà essayé, et avec quel résultat ? »
  • « Qu’est-ce qui dépend de vous, de l’équipe ou de l’organisation ? »
  • « Quelles options vous paraissent réalistes pour la semaine prochaine ? »
  • « Quel soutien attendez-vous de moi sur ce point ? »

Pour un dialogue avec une personne accompagnée

  • « Qu’aimeriez-vous que je comprenne de votre situation ? »
  • « Qu’est-ce qui vous paraît le plus important aujourd’hui ? »
  • « Quelles questions souhaitez-vous poser avant la suite ? »
  • « Qu’est-ce qui pourrait rendre cet échange plus facile pour vous ? »

Ces propositions sont relationnelles. Elles ne constituent pas un questionnaire de diagnostic, un recueil clinique complet ou un outil de dépistage validé. Les questions de soin restent déterminées par la situation et les compétences du professionnel.

Questions fermées : préciser sans imposer

Les questions fermées sont particulièrement utiles après une exploration : confirmer une date, vérifier qu’une information a été reçue, choisir entre deux possibilités réellement disponibles. Elles peuvent aussi aider une personne qui peine à développer une réponse, à condition de conserver une possibilité de correction.

« Préférez-vous que nous échangions maintenant ou après le repas ? » est une question de choix utile si ces options existent vraiment. « Vous préférez évidemment maintenant ? » suggère la réponse. Si aucune des deux options ne convient, l’interlocuteur doit pouvoir le dire. Le choix apparent ne doit pas masquer une décision déjà imposée.

Repérer les questions orientées et les doubles questions

  • Le jugement intégré : « Pourquoi êtes-vous toujours négatif ? » devient « Qu’est-ce qui vous conduit à exprimer ces réserves ? »
  • La réponse suggérée : « Tout s’est bien passé, n’est-ce pas ? » devient « Comment avez-vous vécu cette étape ? »
  • La question double : « Avez-vous lu le document et contacté le référent ? » devient deux questions distinctes.
  • L’alternative incomplète : « Vous refusez par peur ou par opposition ? » oublie d’autres raisons et impose une interprétation.
  • La question trop abstraite : « Quel est votre rapport au changement ? » peut devenir « Qu’est-ce qui change concrètement pour vous lundi prochain ? »

Le mot « pourquoi » n’est pas interdit. Ce sont la relation, le ton et le présupposé qui font la différence. Pour rechercher des éléments factuels, « Que s’est-il passé ? » ou « Qu’est-ce qui vous a conduit à… ? » aide souvent à commencer sans mise en accusation.

Une trame d’entretien en quatre temps

  1. Ouvrir : annoncer l’objet, le temps disponible et demander ce que la personne souhaite aborder.
  2. Explorer : poser une question ouverte, écouter, puis demander un exemple concret.
  3. Clarifier : vérifier les faits et reformuler les enjeux ; distinguer les désaccords des informations manquantes.
  4. Conclure : préciser l’action, le responsable et la date de suivi, puis confirmer que le résumé est fidèle.

Adapter l’échange à la fatigue, au handicap et à la langue

Une question à la fois, un vocabulaire concret et un support écrit accessible peuvent faciliter la réponse. Demandez à la personne quelle modalité lui convient. Une difficulté d’expression ne signifie pas une absence de préférence. N’utilisez pas les proches comme substitut automatique à la parole de la personne ; les modalités d’aide et de représentation dépendent de la situation.

La HAS rappelle l’importance d’une information adaptée et du dialogue. Pour vérifier une explication donnée, FAIRE DIRE propose de demander à la personne ce qu’elle a compris avec ses propres mots. Ce n’est pas un test de mémoire destiné à la mettre en défaut.

Observer la qualité des questions plutôt que les compter

Pour une mise en situation en formation, relevez trois éléments : la question contenait-elle une conclusion ? La réponse a-t-elle réellement influencé la suite ? Une confirmation a-t-elle été obtenue avant la décision ? Une grille d’observation courte est plus utile qu’un objectif arbitraire de pourcentage de questions ouvertes.

Les entretiens réels peuvent ensuite être préparés à partir de thèmes, sans apprendre un texte mot à mot. Notre trame d’entretien professionnel fournit une structure complémentaire. Pour la posture globale, consultez le guide de l’écoute active.

Questions fréquentes

Quelle est la définition d’une question ouverte ?
C’est une question qui invite une réponse développée dans les mots de l’interlocuteur. « Qu’est-ce qui vous préoccupe aujourd’hui ? » laisse davantage de place qu’une question appelant seulement oui ou non.
Les questions fermées sont-elles à éviter ?
Non. Elles sont utiles pour confirmer une date, un fait, une préférence ou une décision. Elles deviennent limitantes lorsqu’elles remplacent toute exploration ou suggèrent la réponse attendue.
Pourquoi certaines questions commençant par pourquoi sont-elles difficiles ?
Selon le ton et le contexte, elles peuvent être entendues comme une demande de justification. Demander « Qu’est-ce qui vous a conduit à ce choix ? » peut ouvrir davantage le récit, sans interdire le mot pourquoi.
Une question ouverte garantit-elle une réponse libre ?
Non. Une question peut être grammaticalement ouverte et rester orientée, comme « Comment allez-vous corriger votre manque d’implication ? » Elle contient déjà un jugement.

Sources