CPF en 2025 : baisse des entrées, évolution des usages et conséquences pour les organismes
Statistiques et pilotage RH Dimitri Jorand
La DARES publie le 9 juillet 2026 les chiffres du compte personnel de formation en 2025 : 1 226 000 entrées, en baisse de 11 % par rapport à 2024. Décryptage des causes, des usages qui résistent et des conséquences pour les organismes de formation et les employeurs du sanitaire et du médico-social.
En 2025, 1 226 000 formations ont débuté dans le cadre du compte personnel de formation, en baisse de 11 % par rapport à 2024, selon la publication de la DARES « Le compte personnel de formation en 2025 », parue le 9 juillet 2026. Ce recul confirme une tendance à la baisse des entrées observée depuis 2021, après la hausse ponctuelle enregistrée en 2024.
Pour les organismes de formation, en particulier ceux qui interviennent auprès du secteur sanitaire, social et médico-social, cette évolution n'est pas un simple chiffre statistique. Elle traduit l'effet cumulé des réformes récentes du CPF, notamment l'introduction du reste à charge et la restriction du champ des formations éligibles, et elle appelle une lecture attentive des usages qui continuent de progresser malgré la baisse globale des entrées.
Cet article présente les données publiées par la DARES et en tire des conséquences concrètes pour les organismes de formation et pour les employeurs du secteur, en complément de notre article sur les nouvelles obligations encadrant la promotion des formations par les influenceurs, un autre facteur qui pèse désormais sur les usages du CPF.
Une baisse de 11 % des entrées en formation en 2025
Selon la DARES, le nombre d'entrées en formation financées par le CPF s'établit à 1 226 000 en 2025, contre 1 387 500 en 2024, année elle-même marquée par une hausse de 4 % par rapport à 2023. Cette diminution de 11 % ramène le dispositif dans la tendance baissière observée depuis 2021, après une parenthèse haussière en 2024.
La DARES indique que cette diminution intervient alors que les conditions de mobilisation du CPF évoluent peu en 2025, à l'exception d'un changement notable au 16 février 2025 : les formations non certifiantes préparant à la création d'entreprise ne sont plus éligibles au dispositif.
L'effet de la participation forfaitaire obligatoire
La mise en place d'une participation forfaitaire obligatoire à la charge du titulaire du compte, introduite en 2024, continue de peser sur le recours au CPF en 2025. Plusieurs analyses reprenant les données de la DARES, dont celle de l'AEF info publiée fin juillet 2026, soulignent que cette participation financière semble impacter à la baisse le recours au dispositif, en dissuadant une partie des candidats potentiels de finaliser leur inscription.
Ce constat rejoint les évolutions déjà documentées dans notre article sur bilan ANFH 2025 : mobiliser les dispositifs de formation au bon moment de la carrière pour les agents de la fonction publique hospitalière, où le reste à charge peut orienter le choix vers d'autres dispositifs de financement.
Ce que la baisse des entrées ne dit pas
Une baisse du nombre d'entrées ne signifie pas un recul uniforme de tous les usages du CPF. La DARES avait déjà mis en évidence, dans ses travaux sur la place du permis de conduire au sein des formations financées par le CPF, que la préparation au permis B représentait une part significative des formations financées par le dispositif ces dernières années, une tendance de fond qui structure durablement les usages du CPF, aux côtés des formations linguistiques et des formations liées au développement des compétences professionnelles.
| Année | Entrées en formation CPF | Évolution |
|---|---|---|
| 2023 | Données révisées par la DARES | Référence |
| 2024 | 1 387 500 | + 4 % par rapport à 2023 |
| 2025 | 1 226 000 | - 11 % par rapport à 2024 |
Lecture pour les organismes de formation
Pour un organisme de formation, la baisse des entrées CPF invite à ne plus considérer ce financement comme un canal de volume automatique. Les organismes qui dépendaient fortement des inscriptions individuelles financées par le CPF doivent diversifier leurs sources de financement, en s'appuyant davantage sur les dispositifs collectifs portés par les employeurs, les OPCO ou les plans de développement des compétences, comme le détaille notre article sur mad skills : reperer et valoriser les competences atypiques en sante.
Le contexte réglementaire renforcé autour de la promotion commerciale des formations, avec les nouvelles obligations imposées aux influenceurs depuis avril 2026, ajoute une contrainte supplémentaire sur les organismes qui cherchaient à compenser la baisse des entrées CPF par une communication digitale agressive. Cette évolution est détaillée dans notre article sur les obligations applicables à la promotion des formations par les influenceurs.
- Vérifier la part réelle du CPF individuel dans le chiffre d'affaires de l'organisme.
- Renforcer les relations avec les OPCO et les employeurs pour les financements collectifs.
- Adapter l'offre aux formations certifiantes, dont l'éligibilité au CPF reste stable.
- Revoir les pratiques de communication commerciale à la lumière du cadre applicable aux influenceurs.
Conséquences pour les employeurs du sanitaire et du médico-social
Pour les établissements sanitaires, sociaux et médico-assistants, publics comme privés, la baisse des entrées CPF individuel ne réduit pas le besoin de formation continue des équipes. Elle déplace la charge du financement vers les dispositifs employeurs, en particulier le plan de développement des compétences et les financements ANFH pour la fonction publique hospitalière, décrits dans notre article sur formation dans la FPH : ce que le bilan ANFH 2024 dit des parcours professionnels.
Les employeurs qui souhaitaient s'appuyer sur l'initiative individuelle des agents ou des salariés via le CPF pour certaines formations transverses doivent anticiper que cette dynamique ralentit, et intégrer davantage ces besoins dans leur propre plan de formation.
Quand le CPF individuel ralentit, ce sont les employeurs qui doivent reprendre la main sur la montée en compétences de leurs équipes, faute de quoi les besoins identifiés en entretien professionnel restent sans réponse.
Dimitri Jorand, gérant de DEMETER SANTE
Les profils qui continuent de mobiliser le CPF
La DARES précise que les conditions de mobilisation du CPF évoluent peu sur l'année 2025, en dehors du retrait des formations non certifiantes à la création d'entreprise. Cela signifie que les profils d'utilisateurs déjà identifiés dans les publications antérieures de la DARES, actifs occupés et demandeurs d'emploi mobilisant leurs droits pour des formations certifiantes ou pour la préparation du permis de conduire, restent les principaux usagers du dispositif en 2025, dans un contexte de baisse générale des volumes.
Cas d'usage concret pour un organisme de formation du secteur sanitaire et médico-social
Prenons un organisme de formation qui propose des sessions de développement des compétences pour des professionnels du soin et de l'accompagnement, en partie financées jusqu'ici par le CPF individuel. Face à la baisse des entrées constatée par la DARES, la première étape consiste à mesurer la part réelle de son chiffre d'affaires dépendant du CPF individuel, session par session et non de manière globale, afin d'identifier les formations les plus exposées.
Pour un établissement sanitaire, social ou médico-social, le cas d'usage est différent. Un service RH qui constatait que certains agents mobilisaient spontanément leur CPF pour des formations transverses, par exemple en langues ou en bureautique, doit désormais anticiper que cette dynamique individuelle ralentit. Il devient nécessaire d'interroger les besoins identifiés en entretien professionnel pour vérifier s'ils doivent être repris dans le plan de développement des compétences de l'établissement plutôt que laissés à l'initiative des agents.
Documents et indicateurs à mobiliser pour objectiver la situation
Avant d'ajuster une stratégie commerciale ou un plan de formation, il est utile de s'appuyer sur des éléments factuels plutôt que sur une impression générale de ralentissement. Un organisme de formation ou un service RH peut mobiliser plusieurs types de documents et d'indicateurs internes.
- Le suivi des inscriptions par source de financement, pour distinguer CPF individuel, plan de développement des compétences, OPCO et ANFH.
- La comparaison, sur les derniers exercices disponibles, du volume de sessions financées par le CPF avec le volume total de sessions dispensées.
- Les comptes rendus d'entretiens professionnels, pour identifier les besoins de formation exprimés par les agents et salariés.
- Les échanges avec les OPCO et l'ANFH sur les enveloppes disponibles pour les formations collectives.
- Le référentiel des formations certifiantes proposées, pour vérifier leur éligibilité maintenue au CPF.
Plan d'action pour un organisme de formation
- Cartographier, par formation, la part du chiffre d'affaires reposant sur le CPF individuel.
- Identifier les formations les plus exposées à la baisse et celles pouvant être repositionnées vers un financement collectif.
- Renforcer les échanges avec les OPCO du secteur sanitaire et médico-social pour présenter l'offre existante.
- Vérifier la conformité de la communication commerciale au regard du cadre applicable à la promotion des formations financées par des fonds publics.
- Suivre trimestriellement l'évolution du mix de financement pour ajuster l'offre si nécessaire.
Plan d'action pour un service RH en établissement sanitaire ou médico-social
Du côté des employeurs, la baisse du CPF individuel invite les employeurs à reprendre la main sur certains besoins qui reposaient jusqu'ici sur l'initiative individuelle.
- Recenser, via les entretiens professionnels, les besoins de formation transverses jusque là orientés vers le CPF individuel.
- Vérifier les enveloppes disponibles auprès de l'ANFH pour la fonction publique hospitalière ou de l'OPCO compétent pour les autres statuts.
- Intégrer ces besoins dans le prochain plan de développement des compétences plutôt que de compter sur une mobilisation individuelle du CPF.
- Informer les équipes que certains besoins peuvent désormais être couverts par des dispositifs employeurs.
Arbitrer les priorités selon l'exposition au risque
Les organismes de formation et les employeurs n'ont pas tous le même niveau d'exposition à cette évolution. Un arbitrage simple consiste à hiérarchiser les actions selon la dépendance actuelle au CPF individuel et selon la disponibilité de financements alternatifs.
| Situation | Priorité | Action recommandée |
|---|---|---|
| Organisme fortement dépendant du CPF individuel sur ses formations phares | Haute | Repositionner rapidement une partie de l'offre vers les financements collectifs |
| Organisme avec un mix de financement déjà diversifié | Moyenne | Consolider les relations OPCO existantes et surveiller l'évolution des entrées |
| Établissement dont les agents mobilisaient le CPF pour des formations transverses | Haute | Réintégrer ces besoins dans le plan de développement des compétences |
| Établissement avec un plan de développement des compétences déjà structuré | Moyenne | Ajuster les volumes en fonction des besoins remontés en entretien professionnel |
Ce que les organismes doivent anticiper
La publication de la DARES du 9 juillet 2026 confirme un ralentissement structurel du CPF individuel, amplifié par la participation forfaitaire et par le resserrement du champ des formations éligibles. Les organismes de formation doivent revoir leur dépendance à ce canal, renforcer leurs partenariats avec les employeurs et les OPCO, et sécuriser leur communication commerciale dans un cadre réglementaire désormais plus strict.
DEMETER SANTE accompagne les organismes et les établissements du secteur sanitaire, social et médico-social dans l'adaptation de leur stratégie de financement de la formation. Contactez-nous pour échanger sur votre situation ou demandez un devis pour un accompagnement personnalisé.
Pour aller plus loin : Nos formations pour le secteur sanitaire, social et médico-social.
Questions fréquentes
Combien de formations ont débuté via le CPF en 2025 ?
Selon la DARES, 1 226 000 formations ont débuté dans le cadre du compte personnel de formation en 2025, en baisse de 11 % par rapport aux 1 387 500 formations enregistrées en 2024.
Pourquoi le nombre d'entrées en formation CPF baisse-t-il en 2025 ?
La DARES relie cette baisse à la tendance observée depuis 2021, à l'effet de la participation forfaitaire obligatoire introduite en 2024, et à la sortie du champ CPF des formations non certifiantes à la création d'entreprise depuis le 16 février 2025.
Quelles formations ne sont plus éligibles au CPF depuis 2025 ?
Depuis le 16 février 2025, les formations non certifiantes préparant à la création ou à la reprise d'entreprise ne sont plus éligibles au financement par le compte personnel de formation, selon la DARES.
Cette baisse concerne-t-elle toutes les formations financées par le CPF ?
La DARES ne détaille pas une baisse uniforme par type de formation dans son communiqué. Les formations certifiantes, dont la préparation au permis de conduire, restent des usages structurants du dispositif d'après les travaux antérieurs de la DARES.
Comment un organisme de formation doit-il réagir à cette baisse du CPF individuel ?
Il est recommandé de diversifier les sources de financement, en renforçant les partenariats avec les employeurs, les OPCO et les dispositifs collectifs comme le plan de développement des compétences, plutôt que de dépendre du seul CPF individuel.
Quel lien existe entre cette baisse du CPF et les nouvelles règles sur les influenceurs ?
Les deux évolutions renforcent un cadre plus exigeant autour du CPF en 2026 : la baisse des entrées traduit un usage plus contraint du dispositif, tandis que le décret du 30 mars 2026 encadre la façon dont les formations financées par des fonds publics peuvent être promues par des influenceurs.
Les employeurs du secteur sanitaire et médico-social sont-ils concernés par cette baisse ?
Oui, indirectement. Si les agents et salariés mobilisent moins leur CPF individuel, les besoins de montée en compétences ne disparaissent pas et doivent être davantage pris en charge par le plan de développement des compétences de l'employeur ou par l'ANFH pour la fonction publique hospitalière.
Questions fréquentes
- Combien de formations ont débuté via le CPF en 2025 ?
- Selon la DARES, 1 226 000 formations ont débuté dans le cadre du compte personnel de formation en 2025, en baisse de 11 % par rapport aux 1 387 500 formations enregistrées en 2024.
- Pourquoi le nombre d'entrées en formation CPF baisse-t-il en 2025 ?
- La DARES relie cette baisse à la tendance observée depuis 2021, à l'effet de la participation forfaitaire obligatoire introduite en 2024, et à la sortie du champ CPF des formations non certifiantes à la création d'entreprise depuis le 16 février 2025.
- Quelles formations ne sont plus éligibles au CPF depuis 2025 ?
- Depuis le 16 février 2025, les formations non certifiantes préparant à la création ou à la reprise d'entreprise ne sont plus éligibles au financement par le compte personnel de formation, selon la DARES.
- Cette baisse concerne-t-elle toutes les formations financées par le CPF ?
- La DARES ne détaille pas une baisse uniforme par type de formation dans son communiqué. Les formations certifiantes, dont la préparation au permis de conduire, restent des usages structurants du dispositif d'après les travaux antérieurs de la DARES.
- Comment un organisme de formation doit-il réagir à cette baisse du CPF individuel ?
- Il est recommandé de diversifier les sources de financement, en renforçant les partenariats avec les employeurs, les OPCO et les dispositifs collectifs comme le plan de développement des compétences, plutôt que de dépendre du seul CPF individuel.
- Quel lien existe entre cette baisse du CPF et les nouvelles règles sur les influenceurs ?
- Les deux évolutions renforcent un cadre plus exigeant autour du CPF en 2026 : la baisse des entrées traduit un usage plus contraint du dispositif, tandis que le décret du 30 mars 2026 encadre la façon dont les formations financées par des fonds publics peuvent être promues par des influenceurs.
- Les employeurs du secteur sanitaire et médico-social sont-ils concernés par cette baisse ?
- Oui, indirectement. Si les agents et salariés mobilisent moins leur CPF individuel, les besoins de montée en compétences ne disparaissent pas et doivent être davantage pris en charge par le plan de développement des compétences de l'employeur ou par l'ANFH pour la fonction publique hospitalière.